
Il y a deux ans, André Neubert, alors directeur de la maison natale de Karl May à Hohenstein-Ernstthal, m’a demandé si j’accepterais de donner une conférence sur la « réception de Karl May en France », depuis la première traduction en 1881 jusqu’à nos jours… en allemand.
J’ai hésité quelque temps, puis je me suis dit que ce serait une expérience intéressante.
Le projet ne s’est finalement pas concrétisé en 2025. Fin 2025, le Dr Marian Bertz, nouveau directeur, m’a demandé si j’étais toujours disposé à donner cette conférence. J’ai répondu par l’affirmative.
La conférence a alors été inscrite au catalogue des activités du musée ainsi qu’au programme annuel pour 2026. Il n’était désormais plus possible de reculer. La date a été fixée au vendredi 20 février à 18 h, la veille de l’inauguration de l’exposition temporaire consacrée à « La région natale de Karl May : les monts Métallifères ».
La conférence avait été également annoncée quelques jours avant dans la presse locale :
La réception de l’œuvre de Karl May en France constitue une histoire à la fois singulière et révélatrice des relations culturelles entre la France et l’Allemagne depuis la fin du XIXe siècle. Dès 1881, alors que les tensions issues de la guerre franco-prussienne restent vives et que les mentalités demeurent marquées par un antigermanisme encore très présent, la première traduction française de son cycle d’Orient voit pourtant le jour. Elle est réalisée par Juliette Charoy (1840-1898) et publiée dans le journal Le Monde.
Au cours des années suivantes, les récits d’aventures de Karl May rencontrent en France un certain intérêt et contribuent à faire connaître l’écrivain au-delà du monde germanophone. Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 modifie profondément cette réception : Karl May est alors avant tout perçu comme un auteur allemand, et donc comme l’écrivain d’un pays ennemi.Il faut attendre les années 1920 pour que ses romans réapparaissent progressivement dans l’édition française, notamment chez Mame, puis chez Flammarion dans les années 1930. Dans ce contexte encore marqué par les tensions nationales, l’éditeur choisit même de franciser le nom de l’auteur afin d’en atténuer l’origine allemande : Karl May devient alors « Charles May ».
L’histoire de la réception de Karl May en France est ainsi faite de redécouvertes, d’oubli et d’adaptations, reflétant les évolutions politiques, culturelles et éditoriales de plus d’un siècle.
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